G M M E
GANDONOU MIDOKPE MARDOCHÉE ESPÉRANCE.
Ce n’est pas un nom de marque comme les autres. Ce n’est pas un nom qu’on choisit parce qu’il sonne bien. C’est le nom d’un frère, d’un être cher . Celui que j’ai perdu en juin 2025. Il n’avait que 19 ans.
Je ne sais pas encore comment on survit à ça.
On m’a annoncé sa mort un lundi soir. Comme ça. Sans que rien ne l’ait laissé voir. Lui qui était là, qui avançait, qui avait des projets. Il est parti du jour au lendemain et je n’ai toujours pas les mots pour décrire ce que j’ai ressenti ce soir-là. Ce que je ressens encore.
La douleur de perdre quelqu’un qu’on aime, c’est une chose. Mais la perdre sans comprendre, sans avoir eu le temps de dire au revoir… c’est autre chose. C’est un vide qu’on apprend à porter, pas à combler.
Il aimait la gravure laser. Il avait déjà sa machine. Il avait même une commande de bois en route, un projet qu’il n’a pas eu le temps de finir.
Quand j’ai vu ça, j’ai su ce que je devais faire.
Pas par devoir. Par amour. Je continuerai ce qu’il a commencé.
J’ai créé GMME, son nom complet, en entier, pour que personne ne l’oublie. Pour que chaque œuvre qui sort de mes mains porte une trace de lui.
Mais je ne pouvais pas faire n’importe quoi. Pas pour lui.
Mardochée méritait mieux que ça. Il méritait du nouveau, du différent, du vrai.
Alors j’ai cherché. J’ai expérimenté. Et un jour, quelque chose s’est passé que je n’attendais pas, le bois a révélé ses veines, ses teintes, ses profondeurs cachées. L’œuvre était vivante.
Je l’ai appelée MARDART. Son nom, dans mon art, pour toujours.
Aujourd’hui quand je grave, je pense à lui. Chaque trait, chaque nuance du bois, chaque pièce qui sort unique, c’est une façon de lui dire que je ne l’oublie pas.
Le bois est intemporel. Il traverse les générations.
Mardochée aussi.
GMME, c’est plus qu’une marque. C’est une promesse faite à mon frère. Celle de ne jamais laisser son nom disparaître.
Bienvenue dans l’univers GMME.
Écrit par Dorcas, sa grande sœur